Anorexie une question de poids
Journal le Soleil du mardi 16 décembre 2003 page B1

Sujet: lutte anti-obésité et anorexie 

On peut y lire  :

Bon an, mal an, depuis 10 ans, ce sont par centaines que les nouveaux cas d'anorexie chez les jeunes entrent dans les cliniques de médicine de l'adolescence. De 30 à 40% de ces cas nécessiteront une hospitalisation variant de 6 à 12 semaines. À quoi peut-on lier cette augmentation croissante du nombre de jeunes, majoritairement des filles, aux prises avec un trouble alimentaire?

Il y a deux moments de présentation de la maladie durant l'adolescente, explique le Dr Jean Wilkins, dont la pratique à l'hôpital Ste-Justine de Montréal se limite exclusivement au suivi de ces jeunes filles. « Au tout début de l'adolescence, qui coïncide avec le développement pubertaire, certaines filles ont peine à accepter que leur corps se transforme. ...la puberté est bloquée et retardée. ...elles ne sont pas prêtes à devenir des femmes.»

Le deuxième moment a lieu vers 15 ou 16... Elles régressent à une période de prépubère, les menstruations cessent.

Plus les jeunes filles sont amenées en consultation tôt, meilleur est le pronostic. 

Son de cloche très différents chez la Dre Carole Ratté, psychiatre et responsable du programme de traitement des troubles de conduite alimentaire au CHUL, dont les patientes sont en majorité âgées entre 17 et 25 ans. « Le culte de la minceur est tout à fait au centre des préoccupations de mes patientes, explique-t-elle. Dans ma clientèle, j'ai des mannequins, des danseuses de ballet et elles travaillent toutes dans des boutiques de mode pour payer leurs études. On les choisit car elles sont belles et minces. Trop minces. Mais cela n'est jamais critiqué.»

Le culte de la minceur est une cause de l'augmentation des cas, soutient la Dre Ratté. «Cela a vraiment commencé avec l'arrivée de Twiggy qui incarnait la minceur. En même temps, le rôle de femme a changé et est devenu plus exigeant. La plupart des filles anorexiques sont perfectionnistes et conformistes. Elles sentent donc qu'elles doivent faire mieux que tout le monde et répondre à ce qu'on attend d'elles. Actuellement, dans la société, si on est perfectionniste et conformiste, il faut être mince.»

Va pour le culte de la minceur. Les deux experts sont davantage outrés par l'effet des campagnes contre l'obésité. «Ça, j'en ai complètement marre, vocifère le Dr Wilkins. J'aimerais bien qu'on laisse les obèses tranquilles. Je sais que mes propos vont encore faire monter les professeurs d'éducation physique aux barricades, mais on fait du mal à des gens quand on ne les respecte pas comme ils sont.»

«Le lien avec les campagnes anti-obésité est évident», ajoute la Dre Ratté. Rien ne m'enrage plus qu'une publicité comme celle où on annonce un yogourt sans gras en déclarant "Belle dans son corps, belle dans sa tête". Le lien est loin d'être aussi direct que ça. Un autre problème est qu'on associe l'image des personnes grosses à la lâcheté, à la paresse, au manque de volonté.»

Anne Marie Hénault publie son journal - Page B4

Plume, un jour je volerai. Voilà le titre qu'Anne-Marie Hénault, cégépienne de 18 ans, a donné à son livre sur l'anorexie, une maladie dont elle a souffert au début de son adolescence.

Anne-Marie ajoute qu'elle n'aimait pas son apparence. «J'étais grassouillette et cela ne m'a pas aidée dans mon désir d'être parfaite. J'avais besoin de plaire aux gens, de réussir à l'école et mon apparence physique était importante.»

«Je me rappelle que très jeune, je désirais être actrice. Je voyais les femmes à la télé et je crois avoir été influencée par la minceur. Je voulais avoir un corps parfait comme elles. 

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C'est le cas d'Annie Loiselle avec Les affamées, regard sur l'anorexie

L'anorexie n'a pas d'âge - Page B 5

«C'est la maladie psychiatrique qui tue le plus, poursuit la Dre Ratté. Après 15 ans de durée de la maladie, le taux de mortalité est de 15 à 20%. C'est énorme.

Mon commentaire

La mode dans les salles de nouvelles en ce moment, c'est de parler de la supposée augmentation de l'obésité chez les jeunes et dans la population en général. En effet, les journaux, les radios et la télévision nous en parlent 30 fois par jour et 400 jours par année. À force d'en parler, ils ont fini par faire croire aux gens que l'obésité est un véritable fléau pire que l'ébola. 

L'importance que les médias accordent à l'obésité est complément injustifié. En effet, car c'est un faux problème créé de toutes pièces pour servir l' intérêt financier de l'industrie de l'amaigrissement. 

Les médias ont embarqué dans le bateau des intégristes anti-obésité sans faire de discernement. En effet, l'embonpoint constitue un facteur plus génétique qu'autre chose. Puis, à part de ça, l'embonpoint n'empêche pas une personne d'être en parfaite santé, heureuse, dynamique, motivée et positive.

C'est l'obsession de la minceur qui constitue un réel problème à lequel les médias devraient s'attarder. Car, celle-ci brouille la vie des femmes et a des conséquences mortelles avec l'anorexie. 

L'embonpoint fait partie de la nature humaine et le sera toujours. C'est irréaliste de penser que tout le monde sera un jour mince et athlétique. En contre-partis, face au problème de l'obsession de la minceur, nous ne sommes pas impuissant. Il est facile d'y remédier. Il s'agit juste de vouloir.

Mais, avant de vouloir, il faut commencer par reconnaître que ce problème existe. Ce qui est loin d'être fait par les salles de nouvelles et les médias. Car les journalistes ont adopté d'emblée le discours anti-obésité parce qu'ils ont un préjugé favorable pour la minceur. La tendance, c'est de rendre pathologique une chose que l'on n'aime pas. 

Pour eux, la normalité pour une femme, c'est d'être mince. Ils sont loin de reconnaître l'existence de l'obsession de la minceur comme étant un problème grave. Donc, ils ne peuvent pas s'apercevoir que leur attitude face à l'embonpoint contribue à entretenir l'obsession de la minceur.

Conséquemment, plus ils embarquent dans la campagne anti-obésité, plus cela a comme effet pervers de favoriser l'apparition les cas d'anorexie. En démonisant l'embonpoint, on la divinise la minceur. La minceur devient un signe de santé, de beauté et de réussite sociale. 

Pour réduire les cas d'anorexie, les médias doivent reconnaître qu'ils ont une grande responsabilité dans l'éclosion des cas d'anorexie. Ils ne doivent pas avoir d'exigence de minceur à l'embauche des femmes journalistes, lectrices de nouvelles, animatrices et comédiennes. Ils doivent cibler publiquement des femmes rondelettes comme étant de très belles femmes. Puis finalement décentrer l'opinion publique sur la question de l'obésité. Car, la santé n'est une question de poids corporel,. mais de bonnes habitudes alimentaires et de vies.

Complément d'information :

UdeM:Forum/L'anorexie: un problème de taille - Le Dr Jean Wilkins ...

Caducée.net - La santé sur internet

Fondation des maladies mentales - L'anorexie et la boulimie

La demande doit être adressée au Dre Carole Ratté, clinique externe de psychiatrie

Amazon.fr : Table des matières: Démystifier les maladies

QUOI DE NEUF DANS LE DOMAINE DES TROUBLES ALIMENTAIRES

Anne-Marie Hénault

Plume un jour je volerai par Anne-Marie Hénault - efb

Obsession des médias pour parler d'obésité

In the month of August, the media's reporting on one topic almost reached the level of obsession.

WHO Encourages Media to Put Obesity in Perspective

Anorexie & désordres alimentaires :

Dossier sur l'anorexie


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La rondeur dans l'actualité des mois passés

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