L'enfer de l'anorexie
Miroir, dis-moi que je suis mince
Journal de Québec du 10 novembre 2001 page 4

Sujet:L'enfer d'être ignorer

On peut y lire:

Toujours trop grosses

Les personnes atteintes d'anorexie ont une fausse perception d'elles-mêmes qui les porte à croire, même décharnées, qu'elles sont trop grosses.

"Tout se passe dans la tête, nous devenons vraiment obsédées par notre alimentation, exprime Sophie. Plus on maigrit et plus on se trouve grosse. C'est comme si on perdait toute notion de proportions parce que notre cerveau n'est pas assez alimenté." Parfois, la santé périclite à un tel point qu'elles frôlent la mort... ou sont rattrapées par elle, carrément.

"J'ai déjà vu une jeune femme qui a dû être hospitalisée parce qu'elle était tombée en sortant d'un taxi et qu'elle n'a jamais été capable de se relever, ou une autre qui ne pouvait plus se croiser les jambes", se souvient Dr Carole Ratté, psychiatre et responsable du programme d'intervention et de traitement des troubles des conduite alimentaires (PITCA) du CHUL.

Depuis 10 ans, au CHUL, cinq jeunes femmes atteintes d'anorexie sont mortes, dont une l'année dont une l'année dernière. Le taux de mortalité chez les anorexiques depuis 20 ans, au Québec, se situe à environ 15%.

Trop Maigres ressources
Même si la demande a beaucoup augmenté depuis 20 ans dans la région de Québec, les ressources demeurent nettement insuffisantes pour les personnes atteintes d'anorexie.

"Nous sommes vraiment sous-financés, l'aide versée par le ministère de la Santé, au Québec, est absolument dérisoire par rapport à l'Ontario", déplore la docteure Sonia Boivin, psychologue, seule employée à temps plein que peut s'offrir, au CHUL, le Programme d'intervention et de traitement des troubles des conduites alimentaires (PITCA).

Le PITCA fonctionne avec un budget d'à peine 123 000$, comparativement à 923 970$ par année à la Clinique de troubles alimentaires d'Ottawa, dont la clientèle est comparable. "Notre programme s'adresse aux personnes de 18 ans et plus, signale Dre Boivin, et nous traitons environ 80 cas par année." Boulimie ou anorexie

Au Canada, les statistiques montrent que plus de 200 000 Canadiennes de 13 à 40 ans souffrent de troubles du comportement alimentaire, que ce soit boulimie ou anorexie.

Une personne est considérée comme anorexie lorsque son poids est inférieur à environ 85% de son poids santé et, dans le cas d'une fille, que ses menstruations sont interrompues depuis trois mois. "À cette étape, a expliqué Carole Ratté, nous allons souvent les hospitaliser, tout comme si le taux de potassium est trop bas, si elle devient suicidaire ou si les traitements à l'externe ont échoué."

Quant aux personnes boulimiques, ce trouble alimentaire frappe davantage chez les personnes dans la vingtaine et est beaucoup plus difficile à détecter parce que le poids demeure généralement normal. Les boulimiques se gavent littéralement de nourriture et se font ensuite vomir ou absorbent des laxatifs.

Pourtant source de vie et de bonheur, la nourriture devient, pour les personnes souffrant d'anorexie, synonyme d'esclavage et d'isolement. Cet enfer peut aller jusqu'à leur coûter la vie.

Dans le cas de Kate, l'anorexie a fait irruption dans sa vie lorsqu'elle s'est mise à s'entraîner dans le but de perdre un surplus de poids et pour avoir des muscles d'athlète. "Je me suis tellement fait écœurer par les autres, parce que j'étais obèse", dit-elle.

Les compliments fusant de toutes parts, face à sa nouvelle taille, ont incité Kate à préserver dans ses efforts pour maigrir, jusqu'à se situer à 14 kg (plus de 30 lb) sous son poids santé.

Sophie a été hospitalisée pour la deuxième fois, en mai. "Je me suis toujours trouvée trop grosse, affirme-t-elle, et puis, la société dans laquelle on vit encourage les filles à être maigres."

Isolée comme le font toutes les anorexiques, Sophie n'a jamais eu d'amoureux. "Je ne voudrais pas qu'un gars me prenne par la taille", dit-elle, affirmant qu'elle trouve son ventre trop gros.

Une équipe de spécialistes du CHUL lanceront, vendredi prochain, cet ouvrage portant sur l'anorexie et la boulimie, qui s'adresse autant aux personnes atteintes et à leurs proches qu'aux professionnels de la santé.

Gaëtan Morin Éditeur

Mon commentaire

"Ne nous occupons pas des anorexiques, qu'elles meurent, on en n'a rien à foutre". C'est vraiment cette attitude qu'a notre société envers cette problématique. "Une jeune femme meure d'anorexie, toute le monde s'en fiche complètement."

Mais tout le monde a une opinion sur l'embonpoint. Opinion influencée par l'industrie pharmaceutique qui dramatise à l'extrême les facteurs de risques hypothétiques associés à l'"obésité". Parce qu'elle cherche un médicament qui transformera toutes les femmes en Shania Twain.

Photo prise sur le site de la revue Rolling stone

D'après cette industrie, l'embonpoint est une pandémie. D'ici dix ans, tout le monde sera obèse, nous mourons tous à l'âge de 35 ans du diabète et de maladies cardio-vasculaires. Ces fabricants de médicaments nous prennent vraiment pour des caves!

L'embonpoint, c'est un état des choses. C'est comme cela que la vie se présente à nous. Personne n'a de pouvoir de changer cette réalité de la nature humaine.

Tandis, que l'anorexie est un réel problème. La mort d'une anorexique, n'est pas une probabilité statistique. En effet, on ne peut pas déterminer que son anorexie serait un des facteurs de risque possible qui a causé sa mort. Le décès d'une anorexie s'explique à cent pour cent par son anorexie.

C'est très sérieux l'anorexie, elle est une maladie mentale mortelle. Alors, toute notre attention devrait se porter sur les désordres alimentaires.

Mais ce n'est pas ce qui se passe. En effet, l'argent va seulement pour tenter de régler le problème cosmétique de l' "obésité". La raison en est que les médicaments cosmétiques sont payants pour l'industrie pharmaceutique.

Par conséquent, on ne s'occupe pas de l'anorexie parce qu'il n'existe pas de pilule contre cette maladie. "Il n'y a pas d'argent à faire avec cette maladie-là." En considérant en plus le préjugé en faveur de la minceur, qui fait que les gens ne portent pas attention aux jeunes femmes trop minces, l'anorexie est une maladie qui passe inaperçue et qui est ignorée.

Voici une liste des activités où le gouvernement donne de l'argent inutilement ou qui favorise l'apparition des désordres alimentaires. Argent qui devrait aller pour aider les jeunes femmes à se sortir de l'anorexie et à prévenir les désordres alimentaires.

Le brochage d'estomac:
Le SRSSS donne 6000$ par personnes pour qu'elles subissent cette mutilation physique inutilement. Une dépense justifiée par un argument erroné qui dit que l'obésité coûte cher à la société. Comme si faire ce genre d'opération invasive était une solution pour éviter que d'autres cas d'obésité surgissent dans la population. En contre partie, combien coûtent à la société les cas d'anorexie?

La recherche sur l'obésité:
Le gouvernement donne de l'argent à des chercheurs qui font des recherches sur l'obésité et qui sont en conflit d'intérêt. Parce qu'ils sont financés par l'industrie pharmaceutique. En plus, ils s'amusent à recevoir une convention organisée par la division cosmétique de l'industrie pharmaceutique.

Des médecins :
Le gouvernement se ferme les yeux sur les médecins qui font du commerce dans leur bureau de consultation et qui profitent d'une subvention indirecte provenant de la carte d'assurance maladie.

La culture :
Le ministère de la culture contribue à l'entretien de l'obsession de la minceur en subventionnant les maisons de production pour qui la minceur du corps d'une femme est plus importante que son talent. Il faudrait voir plus de femmes rondes à la télévision pour aider les femmes à apprécier leur corps.

Liens:
AVEZ-VOUS PEUR DE MANGER ?
Maison de transition l'éclaircie dans la région de Québec
Des ressources sur l'anorexie
Hopewell Eating Disorders Support Centre (Ottawa)
The National Eating Disorder Information Centre


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