Entre l'illusion et la réalité
Le dilemme de la presse féminine

Journal Le Soleil du 25 septembre 2002 p.B1


(À gauche), Dali Sanshagrin avant les retouches informatiques données par la directrice artistique de « Châtelaine ». (à droite), Dali après

Sujet: La minceur à coup de marteau

On peut y lire :

Mylène Moisan MMoisan@lesoleil.com

Papier glacé, filles parfaites. Pas trop. Celle qui achète le dernier numéro de sa revue favorite féminins marchent sur un fil de fer et en sont très conscients. De plus en plus.

Châtelaine, peut être davantage que tout les autres, a décidé de diluer un peu l'illusion d'optique. Désormais, plus de retouche informatiques ni de mannequin de moins de 25 ans. Parole de Lise Ravary, éditrice du magazine depuis plus d'un an, qui a reçu le mandat de revamper la publication.

Pendant la soixantaine de semaines qui sont passées entre sa nomination et la sortie du nouveau Châtelaine, les lectrices québécoises ont été sondées et resondées. « On voulait avoir à qui on avait affaire, pour qui on travaillait. On voulait avoir une meilleure idée de ce que les femmes attendaient d'un magazine féminin », résume-t-elle.

L'exercice a appris à l'équipe de Lise Ravary que les Québécoises veulent être diverties et informées. Et surtout, qu'on ne les prenne pas pour des valises. « Je sentais que les femmes espéraient un magazine plus près d'elles avec des modèles qui leur ressemblent plus. Le magazine ne doit quand même pas être un miroir, mais il ne doit pas être non plus un réservoir d'anxiété. La recherche a confirmé cela », souligne Mme Ravary.

Plus encore, l'enquête a démontré que les femmes sont toujours aussi friandes de ce type de revues. « Le temps des magazines féminins n'est pas révolu. Loin de là. Ceux qui disent que c'est niaiseux insultent du coup deux millions de femmes au Québec ».

La promesse formelle faite par Châtelaine de renoncer aux longues séances de retouchage informatique est une première dans l'industrie. Seule exception à la règle : les imperfections flagrantes. « C'est sûr que si la fille a un gros bouton, on va lui rendre ce service. Pour les reste, ça va rester tel quel. C'est difficile de résister, ça va rester tel quel. C'est difficile de résister, mais en bout de ligne, ça dénature l'être. L'esthétique a pris le dessus sur la réalité et personne ne s'était jamais questionné là-dessus », fait remarquer l'éditrice, qui reconnaît qu'elle « prend de risques ».

Mitsou Gélinas, directrice du Clin d'Oeil depuis un an, croit que Châtelaine ne pourra pas tenir sa promesse. » Quand tu reçois un shoot, tu n'as pas le choix de le corriger. Il y a toujours quelque chose, une petite veine bleue qui ressort. Ne viens pas me dire que si tu as une superbe photo, mais que la fille a de la cellulite, tu ne feras pas un petit clean up. Je trouve ça dur à croire. »

Chez Clin d'Oeil, on n'hésite pas à passer la souris pour affiner la peau, parfaire le grain de l'épiderme. Mitsou n'a aucune objection à maigrir un modèle, mais, étonnamment, c'est souvent le contraire qui se produit. « Depuis que je suis arrivée, j'ai fait grossir plus souvent les modèles. Ça m'est arrivé juste une fois de demander d'amincir. J'ai été très surprise, je ne m'attendais pas à ça. Les filles dont on reçoit les photos sont très minces, parfois trop », convient-elle.

Toutefois, elle a dû se rendre compte que certaines façons de faire ont la couenne plutôt dure. Aussitôt nommée directrice du magazine, Mitsou se promettait de faire une révolution. Elle n'a jamais eu lieu. « J'ai dû admettre, chiffres à l'appui, que nous refusons d'acheter des magazines qui montrent des belles trop en chair. Les grosses, ça ne vend pas ! Nous refusons de nous associer à elles. (...) Ma balloune s'est dégonflée assez vite ! » écrit Mitsou dans l'éditorial du dernier Clin d'Oeil, intitulé » Pourquoi il n'y a pas rondes dans les magazines ? ».

Une presse timide

Mitsou et Mme Ravary ont toutes deux un faible pour la presse européenne, la Britannique surtout. Pour la qualité du produit et la richesse du propos. L'Américaine ? Trop sexuée pour Mitsou, trop commerciale pour Mme Ravary. « Des sujets sur comment faire venir un homme ou sur les régimes impossibles, ça ne marche pas ici », tranche Mme Châtelaine.

Une lectrice raffinée

Mitsou et Mme Ravary s'entendend sur une autre chose. La lectrice québécoise est raffinée et avertie. « Nous sommes un peuple pragmatique, terre à terre. Un peuple de bon sens. Nous avons du pif pour toit ce qui est faux », analyse Mme Ravary.

La directrice du Clin D'Oeil est formelle. La Québécoise n'a cure des « non stop orgasmes » du Cosmopolitan, ni de ses recettes miracles pour fondre en criant ciseau. Et pourtant, dans le dernier numéro, la lectrice peut savoir quelle bête de sexe elle est...


Numéro d'avril 2002 de Clin d'Oeil

Mon commentaire

La revue Châtelaine, malgré cette fausse tentative de changement, demeurera un torchon. Preuves à l'appui : en page 43 elle nous revient avec l'histoire de perte de poids;

et malgré que leurs mannequins auront 25 et plus et qu'elles ne subiront pas de retouches avec le logiciel  PhotoShop, elles seront encore des grandes échalotes. Voyez leur mannequin en page 165;

et les filles dans les publicités continueront d'avoir 14 ans.

Alors comme dit Mitsou, il n'y aura pas de rondes dans les magazines et y compris dans châtelaine. Parce que, comme je disais, il est payant de maintenir les femmes dans l'obsession de la minceur. Ainsi, autant Châtelaine que Clin D'oeil doit faire un contenu qui plaît avant tout aux entreprises qui leur achètent de la publicité. 

Par conséquent, ces magazines ignorent délibérément ce qui intéresse vraiment les femmes et ce qu'elles ont besoin de savoir. Les femmes doivent continuer d'avoir honte de leurs rondeurs. Le principe, c'est de les faire se sentir moches par rapport à l'idéal de beauté et qu'elles se culpabilisent sur leur apparence physique.

En effet, c'est payant d'amener les femmes à dépenser de l'argent à acheter des produits et services à essayer de ressembler à cet idéal de beauté. L'industrie de la minceur qui comprend le monde de la mode, le monde du spectacle et les vendeurs de régimes amaigrissants font de l'argent en amenant les femmes à être envieuses.

Les femmes achètent les revues et vont au cinéma pour envier les femmes qu'on y voit. Elles achètent l'idée de la minceur, pas pour se faire du bien, pas pour renforcer son estime de soi, mais par voyeuriste et jalousie. Elles regardent les grandes anorexiques pour ce faire du mal.. Que voulez vous, en ce bas monde, pour être considérer comme une femme bien, vous devez être masochiste.

Hors donc, les femmes qui achètent la revue Châtelaine, Clin D'oeil et d'autres du même genre sont masochistes. Tourner les pages de ces revues, c'est de l'auto-flagellation. Je vous recommande donc, grandement d'annuler votre abonnement à celles-ci, de ne plus en achetez une seule, ne même pas les feuilleter de peur de vous salir les doigts avec ces torchons sales. Je vous en supplie, par respect de vous-même et pour votre santé mentale, n'y jetez même plus un oeil dessus.

En contre parti, l'approche saine, honnête et respectueuse de faire de l'argent avec les femmes, c'est de les faire se sentir correctes et belles comme elles sont sans qu'elles aillent à changer quoi que se soi. En d'autres mots, aider les femmes à s'aimer et à être douce envers elles même.

Alors, le vrai dilemme dans la presse féminine concerne l'honnêteté. Faut-il continuer à mentir et à se moquer des femmes pour plaire à ceux qui leur achètent de la publicité ou offrir quelque d'intelligent et plus proche de la réalité des femmes ? Comme ces magazines n'ont pas une mission humanitaire mais bien uniquement pécuniaire, ils continueront de prendre les femmes pour des valises.

Une presse féminine honnête affirmerait haut et fort que la rondeur féminine est responsable de la beauté esthétique du corps de la femme. Elle choisirait des mannequins de poids et de grandeurs variés. Elle ne parlerait jamais de maigrir ou de perte de poids. Elle aiderait les femmes à se sentir belles avec leurs rondeurs. Elle exigerait des entreprises qu'elles utilisent des femmes ayant des rondeurs dans leurs publicités.

Mitsou est haineuse lorsqu' elle écrit « Les grosses, ça ne vend pas! Nous refusons inconsciemment de nous associer à elles. » Oui, cela est vrai dans le contexte culturel que nous sommes où la rondeur est un tabou. Où les femmes doivent cacher leurs rondeurs pour ne pas se faire ridiculiser. 

En terminant, alors si Mitsou dit vrai, pourquoi la compagnie Just My Size prent-elle des mannequins tailles plus pour faire la publicité de leurs sous-vêtements aux femmes de tailles plus ? ? ? 

Complément d'informations :

Français
Site web de la revue Châtelaine
Site web de la revue Elle France
Site web de la revue Paris Vogue

Anglais
Cosmopolitan
Flare

In Style


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Perte de poids : une société de Laval est poursuivie
La parade des gros
Pour que cesse la discrimination envers les grosses
La rondeur dans l'actualité des mois passés

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