Les dessous de la chirurgie esthétique
Enquête

Journal de Québec du 10 au 13 septembre 2004


Tout sur la chirurgie esthétique - Benatar - Isabelle Quentin éditeur

Sujet: De l'indifférence au mépris

On peut y lire : 

10 septembre p.8
Quatre mois dans les usines à beauté

On vous offre de coûteuses chirurgies " sans risque "

Brigitte Mccann

Quelques semaines après la mort tragique de Micheline Charest, le Journal a amorcé une enquête de quatre mois dans les coulisses de la chirurgie esthétique, une industrie controversée qui carbure à l'argent et.. qui tient à ses secrets.

Une journaliste (svelte) s'est mise dans la peau d'une cliente pour faire la file dans des cliniques privées, enquête d'un physique à couper au couteau.

À notre grande surprise, les sept spécialistes ont offert des avis contradictoires au sujet des demandes de la journaliste, des risques possibles, et des techniques les plus efficaces. Un vrai casse-tête que même leurs associations professionnelles n'ont pu démêler.

De la même façon, nous avons découvert que le Collège des médecins garde secrète l'existence de certaines plaintes fondées visant ces spécialistes.

Visiblement concentrés sur leurs honoraires, des spécialistes ont vanté à la journaliste les mérites de coûteuses chirurgies esthétiques dont elle n'avait pas besoin, tout en banalisant les risques.

Nous avons aussi découvert, dans le luxe feutré des cliniques tapissées de diplômes, une machine à cash qui tourne à fond. On est dans une usine à beauté où le roulement de clients montre que le temps, c'est de l'argent. 

Un chirurgiens visités s'est vanté de pratiquer 200 augmentation mammaires par année, à près de 5000$ chacune, en plus de lucratives liposuccions.

Un omnipraticien nous a facturée 400$ pour un traitement de Botox d'une durée de 40 secondes. 

Financement rapide

Pas d'argent? Pas de problème! Les plans de financement abondent dans les cliniques d'esthétique. Les offres du genre "achetez maintenant et payez plus tard" sont monnaie courante.

S'endetter aussi est d'une facilité déconcertante. L'entreprise d'un ex-hockeyeur du Canadien fait des affaires d'or en finançant des chirurgies esthétiques, avec la collaboration des cliniques.

et comme si tout ça n'était pas suffisant, les aimables assistantes des chirurgiens rencontrés rappellent à leurs clients que leur opération est admissible à des crédits d'impôts, peu importe le nombre de traitements reçus! Une disposition fiscale qui coûte des millions de dollars à nos gouvernements.

Les médecins consultés

Pierre C., omnipraticien : Longueuil
Alain Dansereau, dermatologue : Repentigny
Vasilios W. Papanastasiou, chirurgien plasticien : Westmount
Wilhelm B. Pellemans, chirurgien plasticien : Laval
Richard Lapointe,  chirurgien plasticien : Montréal
André Camirand,  chirurgien plasticien : Montréal
Roger-Paul Delorme ,  chirurgien plasticien : Montréal

p.6
La confusion la plus total en me vendant leur salade, les cinq chirurgiens plasticiens que j'ai rencontrés se sont contredits à qui mieux mieux sur mes besoins et les risques pour ma santé.

Pourtant, j'ai donné la même explication à tous: je voulais une augmentation mammaire pour gonfler mon soutien-gorge d'une taille. Je désirais aussi des liposuccions pour "améliorer" mon bassin. 

Résultat : aucun médecin n'a tenté de décourager ma démarche aussi onéreuse que non essentielle. Au contraire!

Tandis certains chirurgiens se refuseraient à toute liposuccion sur ma personne, le Dr André Camirand, lui, m'a trouvé du gras superflu jusqu'à... l'intérieur des genoux! 

Le Dr André Camirand m'a carrément surprise en me proposant une liposuccion que je n'aurais jamais envisagée: l'intérieur des genoux! J'y cherche encore l'excédent de gras.

Tout est normal pour le Collège des médecins

Les nombreux avis contradictoires reçus par le Journal durant son enquête n'avaient rien d'anormal, selon Yves Robert, directeur général adjoint du Collège des Médecins.

Toutefois, la situation n'est pas près de changer, puisque chaque médecin est libre d'adhérer à " l'école de pensée " de son choix.

11 septembre p.6
La porte-parole de l'association, le Dr Robert Charbonneau, a sursauté en apprenant que certains de ses collègues réfèrent leurs clients à une compagnie qui finance des chirurgies à des taux pouvant dépasser 25%. (crédit médical)

"Quand la personne a dans la tête qu'elle ne s'aime pas et qu'il faut qu'elle se change à tout prix, les taux d'intérêt, c'est la dernière chose qu'elle regarde", renchérit Mme Marie-Hélène Beaulieu, d'Option consommateurs.

Crédit médical Corporation fondée par l'ex joueur de hockey du Canadien Sergei Berezine.

Chirurgiens avantagés

L'entreprise garantit le paiement total de l'intervention en payant directement le spécialiste jusqu'à trois semaines avant la chirurgie. 

Marketing tapageur: achetez vos nouveaux seins

Certains cliniques de chirurgie plastique du Québec offrent depuis peu des plans de financement dignes des réclames de Brault et Martineau : achetez (vos nouveaux seins) maintenant et payez seulement dans un an.

Derrière le masque, il a souvent des vendeurs

Certains chirurgiens esthétiques ressemblent davantage à des vendeurs qu'à des médecins, selon Jean-Pierre Ménard, avocat de victimes de la chirurgies plastique.

Pressés, les "vendeurs" bousculent les nouvelles clientes qui posent trop de questions. Ils "poussent la vente" d'autres interventions que celle demandée par leur cliente et ils en banalisent les risques, soulignant plutôt la beauté du résultat.

"Vous faites affaire avec une partie de la médecine où il y a à la fois des vendeurs et des médecins", affirme l'avocat.

Durant son enquête, la représentante a entendu de nombreux arguments simplistes du genre : "Vous êtes beaucoup plus en sécurité sur la table d'opération ici que dans une automobile.

La fragilité exploitée

Selon son expérience, les vendeurs exploitent la fragilité de leur clientèle, souvent composée "de gens qui ne s'aiment pas", qui comptent sur la chirurgie pour changer leur vie et qui posent peu de questions. "Dans le cas des médecins vendeurs, voici une cliente facile", indique M. Ménard.

"Plusieurs patientes consultent alors qu'elles vivent des moments difficiles", renchérit le chirurgien Gaston Shwarz, de la Société canadienne des chirurgiens plastiques.

Elles sont dépressives, ont peu confiance en elles ou comptent sur une nouvelle poitrine pour sauver leur mariage. "Les chirurgiens plastiques ne devraient jamais leur toucher! clame Dr Shwarz. 

12 septembre p.8

Ottawa et Québec financent chaque année de coûteuses chirurgies esthétiques totalement accessoires effectuées dans des cliniques privées.

Il suffit de déclarer ses dépenses parmi ses " ses frais médicaux " . " Le seul critère précisé dans la loi sur les impôts, c'est que les frais doivent être payés à un médecin", conforme Manon Tremblay, porte-parole du ministère du Revenu.

Par exemple, une femme célibataire ayant un salaire annuel de 45 000$ peut se voir rembourser près du tiers d'une chirurgie de 9647$.

C'est un argument de vente.

13 septembre p.6
En effet, en 2001, une des patientes du Doc Cour chêne mourrait après trois liposuccions. La femme de 200 livres a été terrassée par une embolie pulmonaire massive le lendemain de l'opération. 

Quand ça tourne mal Une bedaine à 7000$ "pas montrable"

Louise avait " le ventre un peu rond ", mais elle était trop paresseuse pour faire de l'exercice. Elle est allée voir un chirurgien esthétique. Et regrette amèrement.

Le médecin, d'une clinique bien connue de la grande région de Montréal, avait promis à Louise qu'elle retrouverait sa taille de 18 ans. Que l'opération était à peu près sans douleur. Et qu'elle pourrait au travail dès le lendemain matin. Trois promesses. Trois mensonges.

D'abord, ça fait très mal. Très mal. Louise affirme s'être réveillée, tordue de douleur, au moins quatre fois durant la chirurgie d'une durée de près de six heures. La mère de famille raconte qu'elle est restée clouée au lit, chez elle, les trois jours suivant. 

La pire surprise, Louise l'a toutefois eue en se regardant la bedaine : plein de plis, de trous et d bosses. "Comme la surface de la planète mars", illustre-t-elle.

Encore aujourd'hui, Louise en veut au médecin. Un beau parleur qui pense juste à faire de l'argent sur le dos des patientes, selon elle. "S'il m'avait dit : t'as 50 ans, c'est mieux de ne pas toucher à ça, je ne l'aurais pas fait", assure-t-elle.

Mon commentaire

Dans tout les cas, les femmes, qui pensent à utiliser la chirurgie esthétique, sont dans un état de perturbation psychologique très avancé. État qui les empêche d'être rationnelles et sensées. Mais le plus grave ici, c'est qu'elles sont des proies faciles. En effet, car elles sont dans un état de grande vulnérabilité.

Par conséquent, ces femmes ont besoin d'être protégées contre les médecins escrocs du Québec. On ne peut demander aux femmes, qui n'ont pas toutes leur génie, d'être responsables de leurs erreurs. On ne peut pas dire : "qu'elles n'avaient qu'a ne pas allé en consulter un". C'est elles les pires. Si elles veulent se faire mutiler, c'est de leur affaire.

C'est ce genre de raisonnement irresponsable que semble tenir le conseil d'administration du Collège des médecins du Québec. Leur refus d'intervenir, à propos de la chirurgie esthétique et les médecins qui font le commerce de produits amaigrissants dans leur bureau de consultation, a pour effet de protéger indirectement la pratique commerciale de certains de leurs membres.

Avoir la possibilité de faire une plainte sur un requin de la médecine au bureau du syndic du collège, ne constitue pas un moyen pour protéger la population contre les abus. Par conséquent, on peut conclure que de laisser seule dans leur malheur, les femmes mentalement dérangées, sous-entend un mépris profond des femmes.

Donc, on peut dire que le collège des médecins est formé de misogynes de la pire espèce. Et que penser du reste de la société, qui ferment les yeux (c'est leur choix!), sur ce je considère comme une violence faite envers les femmes?

Complément d'informations :

L'auteure de l'enquête Brigitte Mccann

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