Encore grosse, malgré sa chirurgie bariatrique
Journal de Québec mardi 10 février 2009 page 15

Chirurgie bariatrique
«Je suis encore grosse!», lance, amère, Emmanuelle Savoie, qui fait partie du 5% de patients pour qui la chirurgie bariatrique n'a pas donné les résultats escomptés.

Sujet: La violence anti-grosse

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« J'attends toujours la qualité de vie que la chirurgie bariatrique devait me procurer », lance, amère, Emmanuelle Savoie, qui est au nombre des patients pour qui cette intervention complexe n' a pas donné les résultats espérés.

La jeune femme de 32 ans pensait mettre K-O son obésité en ayant recours à la chirurgie bariatrique, mais, déception, non seulement elle n'a pas perdu les kilos prévus, elle subit en prime plusieurs inconvénients. «Avant la chirurgie, je pesais 275 livres. J'en pèse maintenant 205. Je suis encore grosse!», lance cette résidente de la Rive-Sud de Québec.

Ronde depuis l'enfance, Emmanuelle Savoie rêvait d'enfiler sans gêne un maillot de bain, pensant perdre environ 40% de son poids. Deux ans après l'opération subie à l'hôpital Laval, elle demeure très insatisfaite de sa silhouette.

«Je fais partie des 5% de cas pour qui la chirurgie bariatrique ne réussit pas. J'en ai pleuré un coup, cela a touché mon moral. Après l'opération, je pensais me regarder dans le miroir et faire WOW! Je suis loin du compte. Je me retrouve avec un tablier disgracieux au ventre, à la suite de la perte de poids (Mme Savoie a aussi eu trois enfants). Je suis en attente d'une chirurgie esthétique, mais il est très incertain que l'intervention soit remboursée par la RAMQ, parce que je n'ai pas assez maigri!» souligne Mme Savoie, qui mesure 5 pieds 4 po.

«A l'hôpital, l'équipe médicale ne nous pas parle pas beaucoup des non-réussites. On nous présente des brochures, des gens chez qui la chirurgie a bien fonctionné. J'ai attendu quatre ans l'opération. On m'a enlevé les deux tiers de l'estomac, la vésicule biliaire et j'ai subi une dérivation de l'intestin. Hormis quelques hypothèses, le chirurgien n'a pas vraiment de réponse à me donner. Il me propose une autre intervention, mais mon conjoint et moi devrions signer une décharge, à cause des risques inhérents. Je ne veux pas d'une autre opération, car je souffre chaque jour des suites de la première», affirme Mme Savoie.

«Dommages colatéraux»

Parmi les «dommages colatéraux» de sa chirurgie bariatrique, celle-ci doit composer avec une perte de cheveux, de l'acnée, une peau très sèche, des gaz incommodants. Plusieurs aliments sont désormais contre-indiqués.

«L'ingestion du moindre sucre provoque des maux de ventre; je dois prendre cinq médicaments par jour, à vie, en plus des probiotiques et charbon actif, pour mon intestin. J'avais subi cette opération en prévention. A part un peu d'hypertension, j'étais en bonne santé. J'ai beau aller au gym, je n'arrive pas à perdre du poids. Outre cela, j'ai eu la mauvaise surprise d'apprendre que je ne suis plus assurable, depuis cette opération. C'est encore un petit pépin...», exprime Mme Savoie.

Mon commentaire

Qu'est-ce qui explique que les femmes puissent croire que la chirurgie bariatrique, comme moyen de perdre du poids, soit différent ou meilleur que les autres ? Si les études statistiques et l'expérience démontrent que dans 95 % des cas les femmes qui ont perdu du poids à l'aide d'un régime amaigrissement reprennent le poids perdu et un peu plus à l'intérieur de cinq ans, comment cela pourrait en être autrement avec le brochage d'estomac ?

Il faut comprendre que leur taux de succès réside dans la perte de poids et non dans le maintien de cette perte. Dans 95 % des cas les personnes qui subissent un brochage d'estomac perdent beaucoup de poids. Mais, de leur perte de poids initiale peu d'entres elles le maintiennent. Alors, nous devons comprendre que 100 % des personnes brochées ne peuvent pas maintenir la perte de poids spectaculaire du début.

Il n'y a aucun fait physiologique ou médical qui démonterait une différence entre réduire son apport calorique par la volonté (diète) ou par une restriction mécanique (à l'aide d'une chirurgie). Manger moins de calories à l'aide de la volonté ou à l'aide de la coercition mécanique, c'est du pareil au même.

Pourquoi les promoteurs de cette intervention chirurgicale mentent aux femmes en leur faisant des accroires en leur présentant le brochage d'estomac comme miraculeux. L'appât du gain, la haine anti-grosses, le mépris, la mégalomanie médicale ou quoi encore ?

Les femmes qui décident finalement de subir cette mutilation physique sont rendues à un niveau élevé de haine de leur corps. À ce niveau de haine, on ne parle plus d'une décision éclairée, mais d'un égarement psychotique.

« Docteur, je suis tannée d'être une grosse et de subir le regard méprisant des autres, charcutez-moi, ouvrez-moi la cage thoracique, détruisez mon estomac responsable de ma laideur, je vous en supplie docteur, je suis prête à subir cette coercition alimentaire pour le reste de mes jours afin de devenir mince et sexy comme les misogynes de ce monde exigent des femmes qu'elles soient aujourd'hui », se disent-elles.

Étant donné que 85 % des personnes qui demandent de se faire éviscérer sont des femmes, nous pouvons conclure que la chirurgie bariatrique est un acte d'une grande violence fait envers les femmes. Une atteinte à l'intégrité physique et mentale des femmes qui ne sont pas dénoncées par les féministes même par les plus radicales d'entre elles. Cette assujettissement de toutes les femmes aux dictats de la minceur constitue une aberration culturelle.

Les femmes s'imaginent avoir des maladies pour justifier leur désir de devenir enfin minces, belles et "séduisantes".

La société et les médias sont complices de cette violence extrême envers les femmes en donnant la parole qu'à ceux et celles qui font la promotion de la chirurgie bariatrique. Ceux-ci s'unissent pour faire pression pour que les journaliste ne disent mots contre le brochage d'estomac. Ils ont même sûrement soudoyé les fonctionnaires de l'Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé (AETMIS) pour qu'ils prennent une étude à eux et qu'ils fassent croire au monde qu'elle vient de leur agence.

Au départ, les femmes qui sont en crise de dénigrement extrême de leur corps, n'ont déjà pas un grand esprit critique. En ne diffusant pas d'opinion, qui remettent en question l'utilité du brochage d'estomac, les médias traditionnels propulsent celles-ci dans un état psychotique. Les femmes se disent que si personne ne vient, publiquement, critiquer la chirurgie bariatrique, c'est que cette opération est assurément banale et miraculeuse. C'est une forme de pression sociale qu'elles subissent qui les force à prendre la décision de se faire éviscérer.

Cela sous-entend un paroxysme du mépris anti-grosse. Pour mutiler les femmes ainsi froidement, il faut que ces churirgiens haissent profondément les femmes.

Doit-on accepter cette situation inacceptable sans se révolter ?

Complément d'information

L'histoire

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