Pour que cesse la discrimination envers les grosses
Journal de Québec du 9 septembre 2002 p.19


Diane Lasage et Mich Le Boisvert, une enseignante et une infirmière qui militent fougueusement contre l'obsession de la minceur et pour le respect de tous les formats corporels.

Sujet:L'autre position

On peut y lire :

Monelle Saindon

«C'est pas vrai que toutes les grosses femmes ne sont pas en santé! Il y a des rondes génétiques qui sont en pleine forme et très actives.»

Diane Lesage et Michèle Boisvert, une enseignante et une infirmière de formation, sont porte-parole de la Coalition Corps-Accord et coauteures du livre La Chaussée des géantes, deux oeuvres vouées à une même cause: le démantèlement de la discrimination envers les grosses personnes et de l'obsession de de la minceur, qui pourrit la vie des femmes en générale.

Le modèle ornemental

«Il y a une énorme différence entre avoir un poids pour se sentir bien dans sa peau et vouloir atteindre le modèle ornemental de corps que notre société impose à la femme», soulignent ces militantes «pour la diversité des formats corporels».

«Les hommes perçoivent leur corps comme un instrument utile alors que les femmes ont plutôt tendance à y voir un ornement!

«Elles s'adonnent alors aux diètes et se détraquent le corps. Les régimes amaigrissants sont actuellement considérés comme un facteur qui a contribué à l'augmentation de l'obésité en Amérique du Nord.

«Pour être en santé, il faut manger sainement et faire de l'exercice. Le poids naturel varie beaucoup d'une personne à l'autre.»

Souffrir jusqu'à vouloir mourir

Diane et Michèle ont écrit ce qu'elles prêchent dans La Chaussée des géantes, un amalgame de poèmes et de textes de fond sur la relation amour-haine de la femme et son image corporelle. Ce livre s'inspire des témoignages recueillis par les deux femmes, dans le cadre des ateliers de développement personnel sur l'Obsession de la minceur et de l'Oppression de la grosseur qu'elles animent dans les Centres de femmes. Ces ateliers se veulent un nouveau point de départ entre son corps et la nourriture, un endroit où on apprend à devenir bien dans sa peau, sans diète.

«Vous ne pouvez pas imaginer toute la souffrance des femmes aux prises avec un corps qui ne répond pas aux standards complètement débiles de notre société», s'exclame Diane Lesage.

«Il y en a qui ont même pensé à mourir!

«Il fallait absolument dire cette souffrance, briser la loi du silence.»

Militantes pour le respect de tous les formats corporels

Dans leurs ateliers, Diane et Michèle abordent l'historique des standards de la minceur, les liens entre les émotions et la nourriture, l'entourage familial, le droit de manger, le plaisir, le sexe, le choix de la santé et, bien sûr, la diversité naturelle des formats de corps.

Sur une plus grande échelle, au sein de la Coalition Corps-Accord, elles s'impliquent chaque année dans l'organisation de l'édition de la Journée internationale sans diète, le 6 mai. un évènement pour sensibiliser le public aux méfaits des diètes et du règne de la minceur. La Journée sans diète est aussi ponctuée de la remise du prix Corps-Accord à une personne ou une entreprise qui favorise le respect de tous les formats corporels et du prix On s'en balance, à une personne ou une entreprise qui défavorise ce respect.

Envie d'en savoir plus? La Coalition Corps-Accord tiendra une journée Portes ouvertes, le 21 septembre, à compter de 14 h, au CLSC Villeray de Montréal. Plusieurs organismes offrant des ressources alternatives aux régimes et visant la promotion du bien-être à tous les poids seront sur place et la journée sera ponctuée d'une soirée conviviale, organisée par le groupe Québec plus.

Pour plus de renseignement, (514) 535-4272 ou corps-accord@hotmail.com

Le poids mythes et réalités

Pour aider les femmes à démasquer les faussetés véhiculées sur la minceur et la grosseur, le Réseau québécois pour la santé des femmes fait le tour des grands mythes et puissantes réalités qui habitent cet épineux sujet dans une brochure intitulée Poids et contre-poids, dont voici quelques extraits.

- 30 pour cent des femmes en Amérique du Nord portent la taille 16 ans et plus.
- Les femmes qui vivent le plus longtemps sont celles qui pèsent de 25 à 35 pour cent de plus que le poids préconisé par les chartes des compagnies d'assurances.
- On ne meurt pas d'obésité, mais celle-ci est le signe d'autres problèmes de santé comme un style de vie sédentaire ou une mauvaise alimentation.
- L'industrie des régimes rapporte 30 milliards de dollars par année aux entreprises pharmaceutiques et aux professionnels de la santé aux États-Unis.
- Une étude britannique a démontré que les influences génétiques sont responsables de 70 pour cent des différences dans l'indice de masse corporelle.
C'est la qualité de l'alimentation et l'exercice physique qui déterminent la santé et la bonne forme d'une personne, non le poids.

Big is beautiful

Le mouvement Big is beautiful a pris naissance aux États-Unis, ces dernières années, en réponse au discours de minceur-à-tout-prix de la beauté officielle.

Nouvelle cause féministe, la promotion de la diversité des formats corporels gagne en popularité à mesure que nos problèmes en santé liées à l'image corporelle (anorexie, obésité, dépression) augmentent.

Au Québec, plusieurs groupes de lutte contre l'oppression de la minceur sont en train de s'organiser. La Coalition Corps-Accord regroupe à elle seule trois association : le collectif action alternative en obésité, Québec Plus et les Sans-Diète. Il y a aussi un groupe d'intervention auprès des adolescentes, le programme Bien dans sa tête, bien dans sa peau.

Enfin, le Réseau québécois d'action pour la santé des femmes a publié un rapport sur les enjeux pour la santé des femmes de l'obsession de la minceur et de l'oppression de la grosseur (Changements sociaux en faveur de la diversité des images corporelles).

Mon commentaire

La politique éditoriale des salles des nouvelles, papier et électronique, concernant l'obésité et l'embonpoint,.n'est pas neutre  Ainsi, les journalistes privilégient uniquement la position des militants anti-obésité et cela pour deux raisons. Un, parce qu'elle renforce leurs préjugés négatifs contre l'embonpoint et la rondeur féminine et deux, parce qu'ils ont tendances à considérer plus crédible ceux qui ont le pouvoir de l'argent. 

Ainsi, je suis sur que la coalition Corps-Accord s'est battue pendant plusieurs semaines pour que Monelle Saindon se décide, à contrecœur, d'écrire un article sur ses activités. Mais, quand ils reçoivent un communiqué qui parle de l'augmentation de l'obésité chez les jeunes et dans la population en général, qui parle des coûts énormes que cela engendre pour le système de santé, ils sont scandalisés et ils s'empressent de faire un dossier de 10 pages dans leur journal. 

Même, s'ils reçoivent 5 communiqués de presse par année qui mentionnent l'augmentation exponentielle de l'obésité, ils vont en parler à chaque fois comme si c'était une découverte, quelque chose de nouveau. Pourtant, ça fait plus de 10 ans qu'on nous agresse avec la même rengaine au sujet de l'augmentation de l'obésité. 

Quand les journalistes touchent le sujet de l'obésité, ils perdent non seulement la mémoire mais, aussi leur sens critique. Ainsi, ils rapportent mot à mot ce qu'on leur dit sans y faire un traitement critique et sans se douter qu'ils sont utilisés pour faire de la propagande en faveur de l'industrie de l'amaigrissement.  

Pour conclure, félicitations pour le beau travail effectué par Diane Lesage et Michèle Boisvert de la coalition Corps-Accord.

Complément d'informations :

Document PDF de la coalition Corps-Accord 
Un obèse poursuit les « fast-foods  »


Les sujets précédents :
La rondeur dans l'actualité des mois passés

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