Des vêtements à la mesure des « vraies » femmes
Journal de Québec du mercredi 28 mars 2007 page 41

Sujet: Un exemple à suivre 

On peut y lire:

MADRID, Espagne (AP) - Vanesa Lopez a regardé la vitrine du magasin et a éclaté de rire. Le mannequin avait de grandes jambes et un corps si grand et mince qu'il défiait les lois de la physique, effet accentué par des culottes courtes accrochées autour d'une toute petite taille et un haut reposant sur des épaules délicates.

"Je ne suis pas dans cette ligue-là, s'est exclamée Mme Lopez, une décoratrice d'intérieur de 30 ans de taille moyenne. Tu vois ça et tu te dis, 'Wow, j'aimerais bien avoir l'air de ça'."

Ces mannequins squelettiques, symboles d'une culture qui aime attiser les inquiétudes ayant trait au poids, sont devenus une espèce en voie de disparition en Espagne depuis qu'un accord historique a été conclu entre le ministère de la Santé et les principaux détaillants du pays comme Zara et Mango.

On vise aussi d'éliminer cette situation incongrue où un vêtement d'une certaine taille nous fait juste bien dans un magasin, mais s'avère trop petit dans un autre - encore une façon d'amener une femme à penser qu'elle est trop grasse.

Le programme a pour but de changer une perception bien ancrée, à l'effet que les femmes très minces sont à la mode - une situation qui, selon plusieurs, mène à des troubles alimentaires.

Madrid et Milan ont banni les mannequins ultra-minces des défilés de mode lors de la semaine de la mode, en fin d'année dernière, et cette année le Conseil des dessinateurs de mode d'Amérique a présenté des normes qui ont pour but d'aider les mannequins à manger et à vivre de façon plus saine.

Et le gouvernement socialiste d'aujourd'hui, qui n'a pas hésité à régler plusieurs questions sociales comme le mariage homosexuel et la violence faite aux femmes, a maintenant le monde de la mode dans sa mire.

"Nous visons un modèle de beauté saine, a déclaré Angeles Heras, directrice de la protection du consommateur au ministère de la Santé. Il y a beaucoup de pression, de la part du monde de la mode mais aussi de la société en général, pour amener les femmes à imiter des modèles de beauté qui sont irréalistes et même nocifs pour la santé."

Deux changements importants, annoncés en janvier, sont donc en voie d'être instaurés. Les magasins dirigés par quatre grandes compagnies commenceront à remplacer leurs mannequins de vitrine par d'autres qui sont au moins de taille 38. Et les dessinateurs s'assureront d'avoir des normes communes pour les vêtements de femmes afin qu'une taille soit la même peu importe le point de vente.

Mon commentaire

Je me suis présenté comme candidat, aux élections provinciales du 26 mars 2007 dernier, pour lancer un débat sur l'obsession de la minceur. Malheureusement, je n'ai pas pu le faire. Car, aucun journaliste ou salle des nouvelles a décidé de porter attention aux raisons pourquoi je m'étais présenté aux élections.

On a politisé la lutte à l'obésité/malbouffe au Québec. En effet, le gouvernement s'est engagé à investir 40 millions par année avec la fondation André et Lucie Chagnon pour ce faire. Lors de la campagne électorale, le sujet de de la malbouffe fut soulevé par plusieurs candidats et candidates. Aucun d'entre eux n'a soulevé la question de l'obsession de la minceur. Cela malgré le fait, qu'il y a eu une semaine de la mode à Montréal, durant la période des élections.

Les intégristes anti-obésité du Québec prennent toute la place sur la question de la santé publique. En effet, l'obsession de la minceur et les désordres alimentaires ne semblent pas beaucoup préoccuper les directions de la santé publique. 

( Si vous faites une recherche sur Google avec les mots clés suivant  « "directions de la santé publique" anorexie » : cela amène à des liens en .pdf. En contre partie, si vous le faites avec « "directions de la santé publique" obésité » : cela amène directement au site de la direction de la santé publique de Montréal.. )

Le climat apocalyptique actuel entourant la lutte anti-obésité relègue les autres problématiques au rang de banalité. Nous devons uniquement tous mobiliser nos énergies et nos pensées à l'éradication de l'épidémie d'obésité. Rien d'autre n'a de l'importance.

Cette lutte est tellement intense et dogmatique, que personne n'ose douter de la prétendue gravité de l'obésité. Personne n'ose remettre en question la véracité de leurs faits et de leurs interprétations.

Que se passerait-il, si on se préoccuperait, un tant soit peu, de l'obsession de la minceur ? On ferait des recherches pour trouver des moyens pour prévenir les cas de désordres alimentaires. La première chose qui prendrait le bar, c'est la médiatisation de l'extrémiste anti-obésité/malbouffe. Ainsi, les salles de nouvelles cesseraient de faire peur aux gens avec la prétendue épidémie d'obésité. Parce qu'on réaliserait que la lutte dogmatique contre l'obésité est très néfaste. Car, elle contribue grandement à maintenir les femmes dans l'obsession de la minceur.

Par conséquent, les médias parlent trop souvent de la question de l'obésité en rapport avec la gravité objective de celle-ci. La gravité objective d'un problème de santé se mesure par la souffrance qu'elle génère. Manger une poutine ou une frite, cela ne fait pas souffrir personne. Faire de l'embonpoint, ne fait pas souffrir non plus. Une personne de forte taille peut faire sa vie dans la joie et l'allégresse. Mais, c'est tout le contraire avec les jeunes femmes qui souffrent d'un désordre alimentaire. Se priver de nourriture, cela fait vraiment souffrir. Les anorexiques souffrent moralement et physiquement, énormément. D'ailleurs, trois pour cent d'entre elles en meurent.

Le gouvernement socialiste de l'Espagne a compris cette réalité. Malgré que, pour l'anorexie et la boulimie, il n'existe pas de groupe de pression pour attirer l'intérêt sur cette problématique. Le gouvernement de l'Espagne a décidé d'intervenir. Celui-ci est à l'écoute du bon sens des choses et non aux groupes de pression, comme aux Québec. Ridiculement, aux Québec ce n'est pas le gouvernement qui dirige le peuple, mais les différents groupes de pression.

Que fait le gouvernement du Québec pour aider à réduire l'obsession de la minceur chez les femmes ? Rien, un gros rien du tout. Pire encore, il investit beaucoup d'argent à maintenir les femmes dans cette obsession. Ainsi, dans la semaine de la mode, il n'exige pas de faire de la place pour les tailles plus. Dans les arts, la télévision et le cinéma, il n'exige pas, pour recevoir une subvention, de ne pas faire de discrimination morphologique dans l'embauche des femmes. Finalement, dans la santé, il place tout l'argent dans la lutte dogmatique contre l'obésité. 

Conclusion, le Québec est un un Québec qui n'aime pas ses femmes.

Informations supplémentaires

L'histoire:

Bientôt disponibles en Espagne, des vêtements pour les vraies femmes

Des vêtements pour les vraies femmes en Espagne

Anorexie : décès d'un mannequin

La semaine de la mode de Montréal

Les filles de 15-20 ans, une «génération formatée maigreur»

Le contrecoup du discours anti-obésité  

Les questions de santé publique 

«On ne connaît pas les causes de l'anorexie et de la boulimie.» Le gouvernement ne reconnaît pas le rôle du socioculturel dans les désordres alimentaires. Ça va mal.

Toute une page pour prévenir l'obésité & rien sur les désordres alimentaire.

Sur le site de l'Institut national de santé publique du Québec, aucune mention sur les désordres alimentaires sur Habitudes de vie et maladies chroniques.

La Direction de santé publique de l'Outaouais parle d'obésité, mais pas un mot sur l'anorexie

La guerre anti-obésité

We need to be careful that as we prepare to declare war on obesity, we don't knock down the gains made to combat eating disorders.


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