Un jeune sur cinq intimidé en raison de son poids
Le Journal de Québec vendredi 11 mai 2018 p. 24

La reconnaisse de l'existence de la grossophobie et la guerre contre la prétendue épidémie d'obésité sont incompatibles.

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Sujet: Une indifférence injuste

On y lire:

SAGUENAY | L'intimidation liée au poids est la stigmatisation qui fait le plus de victimes chez les jeunes au Québec, et pourtant la prévention y est pratiquement nulle, relate une étude alarmante.

La prévention du phénomène est boudée par les intervenants

Près de 20 % des jeunes Québécois du primaire et du secondaire sont victimes d'intimidation liée au poids, révèle un état de la situation au primaire et au secondaire réalisé par Annie Aimé.

Présenté hier au congrès de l'ACFAS, ce pourcentage serait conservateur en raison de la difficulté à recruter des jeunes pour ce type d'études scientifiques, souligne l'auteure qui a réalisé cette recherche avec l'Association pour la Santé publique du Québec.

«Ceux qui sont réellement concernés ne veulent peut-être pas répondre parce que ça va leur causer trop de détresse », explique Mme Aimé.

Elle croit d'ailleurs que le nombre de personnes intimidées pourrait se rapprocher des statistiques qui touchent l'obésité au Québec, soit une personne sur cinq. «On entend tout le temps que c'est une forme d'intimidation comme une autre. Mais ça ne me rentre pas dans la tête parce qu'elle est plus prévalente que les autres. En réalité, il faut peut-être faire quelque chose de plus », affirme Mme Aimé.

DIFFICULTÉ À DÉNONCER

L'étude ne démontre pas de différence entre les garçons et les filles. Toutefois, les garçons seraient plus intimidés lorsqu'ils vivent des problèmes de «maigreur ».

Les jeunes stigmatisés ont également de la difficulté à dénoncer, alors que 81 % des jeunes adolescents victimes ne se sont pas confiés à des adultes.

Pire encore, même s'ils sont blessés, certains affirment que l'intimidation concernant leur poids est «tout simplement» une forme de «blague» de la part des autres.

GRAVE CONSÉQUENCE

Or, les conséquences négatives sur la santé de ces jeunes sont infernales.

Par exemple, les liens avec le suicide seraient de «plus en plus» élevés, indique l'experte. «Je ne peux pas vous dire la proportion qui va commettre un acte ou une tentative, mais c'est certain qu'il y a des idées suicidaires.»

Les problèmes de mutilation, de maladie cardiovasculaire, de symptômes dépressifs, de faible estime de soi, d'insatisfaction corporelle, de rejet, de moindre performance scolaire et d'un plus grand taux d'absentéisme, de prise de poids et de troubles alimentaires affectent les jeunes intimidés en raison de leur poids.

«Ça vient vraiment causer une grande détresse. Et, au secondaire, c'est encore plus important », signale Mme Aimé.

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LE JOURNAL AU CONGRÈS DE L'ACFAS NDLR : Des centaines de chercheurs québécois présentent cette semaine le fruit de leurs découvertes au 86e congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS), qui se tient à l'Université du Québec à Chicoutimi. Nos journalistes Nicolas Lachance et Pierre-Alexandre Maltais sont sur place pour vous livrer l'essentiel de ces recherches.

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DE NOMBREUSES VICTIMES 17,5 % des jeunes intimidés en raison du poids 81 % des jeunes adolescents victimes ne se sont pas confiés à des adultes 90 % des ados de 14 à 18 ans ont été témoins d'intimidation de surpoids 44,5 % des jeunes croient que le poids est la cause principale de l'intimidation Au primaire, 63 % des jeunes qui présentent de l'obésité sont plus à risque de se faire intimider Au secondaire, l'intimidation en rapport avec le poids devient plus sévère, prévalente et plus dérangeante pour les victimes.

Mon commentaire

Le mot « grossophobie » sera dans la prochaine édition du dictionnaire Robert. La souffrance des gros est causée par l'intimidation, les insultes, le bitchage et la discrimination, est de plus en plus reconnue sauf au Québec.

Il suffit d'avoir qu'un léger embonpoint pour en être victime. Les enfants sont souvent plus méchants que les adultes.

Cette nouvelle n'en est pas une, car le journal de Québec on en a déjà parlé en janvier 2015. Qu'est-ce qui a changé durant ces trois ans concernant ce sujet. Pas grand-chose. Les Québécoises sont à la remorque de ce que font les Françaises et les Américaines.

On en a parlé à l'émission médium large à ici radio-canada première, dans le journal la presse, mais il faudrait avoir plus d'interventions dans les médias pour que la grossophobie soit reconnue un jour au Québec au même titre que l'homophobie.

La reconnaisse de l'existence de la grossophobie et la guerre contre la prétendue épidémie d'obésité sont incompatibles. Car cette dernière contribue à la grossophobie, à la haine et au mépris des gros.

Plus la sensibilisation contre la grossophobie sera grande, plus cette cause sera reconnue moins le discours anti-obésité aura de prise sur l'opinion publique.

Alors, à ce moment, les enfants et adolescents victimes d'intimidation à l'école seront plus à l'aise de dénoncer leurs agresseurs, leur entourage détectera plus facilement ceux qui sont victimes d'intimidation et les intervenants seront plus compatissent envers eux.

La guerre contre l'obésité a un fort aspect moral qui fait que les activistes anti-obésité réagiront à la montée de la reconnaissance de la grossophobie en disant que cela n'existe pas et diront « qu'on ne commencera pas à faire l'éloge de l'obésité ».

Les filles et les femmes sont plus victimes d'intimidation et de moqueries que les garçons et les hommes à propos de leur apparence physique.

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