Elle se rendait malade en ne mangeant que santé
Le Journal de Québec lundi 29 décembre 2014, p. 46

Sujet:Politique éditoriale criminelle

On peut y lire:

SYLVIE BÉLIVEAU PASSAIT TROIS HEURES PAR JOUR À PLANIFIER SES REPAS ET ELLE ANGOISSAIT À L'IDÉE DE MANGER DES ALIMENTS MALSAINS. ELLE SOUFFRAIT D'UN TROUBLE QUE LES SPÉCIALISTES RENCONTRENT DE PLUS EN PLUS SOUVENT.

L'orthorexie est un trouble alimentaire qui pousse certaines personnes à organiser leur vie autour d'une nourriture parfaitement santé, quitte à ne plus manger grand-chose.

«Je me suis déjà acheté des légumes et en-suite je les ai jetés parce qu'ils n'étaient pas bios. Je n'étais pas capable de me faire un jus avec», illustre la femme qui donne des cours de stretching et d'éducation par le mouvement du corps à Saint-Hilaire.

«On se sent tellement bien à manger bien. J'avais plus d'énergie», dit la dame de 47 ans. Par contre, le stress qui accompagnait son mode de vie était nocif.

FOLIE

Pendant neuf mois, son désir de manger santé a pris des proportions extrêmes. C'était «à en devenir fou», dit-elle.

Même dans une épicerie spécialisée, faire ses courses lui prenait une éternité, le temps de lire toutes les étiquettes. Après les repas, elle continuait de se demander si elle avait fait le bon choix de nourriture.

Dès qu'elle était dérangée dans sa routine, comme lorsqu'elle devait prendre la route, elle angoissait. La même question la taraudait: «Qu'est-ce que je vais manger?»

Sa vie sociale a commencé à se dégrader. De peur d'avoir à se nourrir d'aliments malsains, elle s'empêchait d'aller manger au restaurant ou chez d'autres personnes.

FIERTÉ

Pour Sylvie Béliveau, manger santé était une «source de fierté et une façon de performer. Tout est parfait dans mon panier. C'est comme une bonne note à l'école», illustre-telle.

Elle a souffert d'anorexie et de boulimie quand elle était adolescente et jeune adulte. Elle croyait que sa tendance au contrôle excessif était derrière elle, mais sa «police intérieure » est revenue pendant l'été 2013, prenant la forme de l'orthorexie.

Elle n'est pas allée jusqu'à se sous-alimenter ou à développer des carences. Sa faim était psychologique. «J'avais faim de quelque chose qui réconforte. Un repas chaud avec des pâtes.»

C'est à Pâques l'an dernier que le déclic s'est fait. Elle était seule chez elle, loin des membres de sa famille. Elle s'est alors rendu compte qu'elle se privait d'une certaine joie de vivre. Depuis, elle fait l'effort de prendre conscience de ses pensées obsédantes vis-à-vis de la nourriture.

Par exemple, elle mange parfois du chocolat pur à 70 %, alors qu'avant elle ne tolérait rien en deçà de 100 %. L'alimentation, «il n'y a pas que ça dans la vie!» s'exclame-t-elle.

Elle considère toutefois qu'elle n'est pas complètement guérie de sa maladie.

Sylvie Béliveau donne des conférences basées sur son expérience pour aider d'autres personnes à retrouver une relation harmonieuse avec la nourriture.

Mon commentaire

Il est raisonnable de penser que la lutte contre l'obésité/malbouffe est un déclencheur de l'orthorexie. En effet, le discours anti-obésité/malbouffe envoie un message de privation. Celui-ci hyper-exagère les dangers d'être obèse et nous fait croire qu'il y aurait une épidémie d'obésité soit que le nombre d'obèses augmenterait exponentiellement. On veut nous faire croire que l'obésité est la pire des maladies, pire que l'ébola, que nous devons tous craindre.

Dans ce contexte, il n'y a aucune raison d'être obèse ou de le demeurer. Les femmes comprennent, qu'avec eux, plus tu t'éloignes de l'obésité plus t'es en santé. Les intégristes anti-obésité/malbouffe sont des extrémistes, il n'y a rien qui les arrête. Tout leur est permis de dire pour espérer que les gens finissent par manger moins de calories.

Ils ont, à quelque part, la même dynamique que les femmes orthorexiques. Plus le temps passe, plus ils se radicalisent contre la malbouffe. Ils représentent la perfection et exigent de nous la perfection selon leur définition de la perfection. En d'autres mots, nous devons surveiller l'étiquetage alimentaire pour regarder le nombre de calories et éviter les aliments qui contiennent du sucre.

Ils évaluent leur performance avec le potentiel terrorisant de leurs allégations. Ainsi plus, ils ont l'impression de faire peur avec leur affirmation plus, ils ont l'impression d'être efficace. Plus, ils réussissent à faire croire que leurs allégations, aussi farfelue peuvent-ils être, qu'elles sont vraies plus, ils ont l'impression d'être compétant.

Leur sentiment de réussite demeure qu'une impression, car sur le terrain, la plupart des gens ne modifient pas leurs habitudes alimentaires parce qu'ils ont entendu leur discours. En effet, faire la morale aux gens sur ce qu'ils mangent, ça ne peut pas fonctionner, parce que manger est un besoin essentiel. On ne peut pas faire autrement que manger.

Malheureusement, le seul résultat que le discours alarmistes anti-obésité/malbouffe a, est d'accrocher les femmes sujettes aux désordres alimentaires. Ce qui est inacceptable et intolérable.

Les organismes de santé publique devraient se dissocier des gens qui tiennent un discours alarmiste contre l'obésité. En effet, c'est une question de santé publique de prévenir les désordres alimentaires chez les femmes.

Manger est le plus important plaisir de la vie parce que c'est le plus essentiel des besoins pour la survie des êtres vivants.

Manger doit demeurer un plaisir émotif et non devenir un calcule rationnel. Le plaisir est le meilleure guide pour le bien s'alimenter. S'alimenter signifie ingérer des calories. C'est refaire ses réserves de carburants.

Le seul message aidant, c'est de dire aux femmes de manger à leur faim, varier leur alimentation, prendre plaisir à manger et ne pas se sentir coupable de se gâter.

Prendre plaisir à manger est essentiel pour maintenir une bonne santé mentale.

Complément d'information :

L'histoire

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Promotion Of Healthy Weight: Helping Without Harming

Fixation on healthy eating can turn very unhealthy

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