De bons résultats d'un médicament qui combat l'obésité
Journal de Québec du samedi 17 novembre 2005 page 26

Sujet: Le seul conflit d'intérêt acceptable

On peut y lire:

Un médicament qui supprime l'appétit permet non seulement de perdre du poids, mais aussi d'améliorer substantiellement les niveaux de cholestérol, ont constaté les chercheurs d'une équipe internationale dirigée par des Canadiens.

Dans leur étude, réalisée auprès de plus de 1000 patients obèses ayant des niveaux élevés de gras dans le sang, le médicament expérimental rimonabant a permis aux participants de réduire leur tour de taille, d'abaisser leur concentration de triglycérides dans le sang et d'augmenter leur HDL, ce qu'on appelle le "bon cholestérol".

Être trop gras, avoir "un gros ventre" et des niveaux de lipides (gras) élevés constituent des risques importants de maladie cardiovasculaire et de diabète, affirme le docteur Jean-Pierre Després, de l'Institut de cardiologie de Québec. Le Dr Després est le principal chercheur de cette étude d'une durée d'un an.

Selon le spécialiste, ce médicament pourrait permettre d'aider particulièrement les patients atteints d'obésité abdominale qui courent des risques élevés de maladies du coeur et de diabète. Le Dr Després a fait cette déclaration à Dallas, où il présentait ses travaux, mercredi, à la réunion de l'American Heart Association.

L'étude a été menée auprès de 1036 hommes et femmes, dont 269 Canadiens, qui ont dû suivre un régime faible en calories pendant un mois. Chacun a perdu près de cinq livres en moyenne. On les a ensuite divisés, de manière aléatoire, en trois groupes pour une durée d'un an: le premier groupe a reçu un placebo, le deuxième, cinq milligrammes de rimonabant et le troisième, 20 milligrammes du médicament.

Les chercheurs ont constaté que les participants qui prenaient la dose de 20 milligrammes de médicament ont connu une amélioration significative par rapport à ceux qui prenaient la dose plus faible et ceux qui prenaient le placebo.

La perte de poids additionnelle moyenne au sein du groupe du placebo, après 12 mois, atteignait cinq livres, et la réduction du tour de taille était de deux centimètres. Mais ceux qui prenaient la dose de 20 milligrammes ont connu une baisse de poids de près de 19 livres en moyenne et ont perdu de sept à huit centimètres de tour de taille, a dit le Dr Després.

Les résultats des travaux paraissent dans le numéro de jeudi du New England Journal of Medicine.

Mon commentaire

Il semble que la lutte contre l'obésité soit le seul domaine de recherche où le conflit d'intérêt passe inaperçu. Cependant, les chercheurs  qui reçoivent de l'argent d'une compagnie pour faire des recherches, ne se mettent pas nécessairement en conflit d'intérêt. Cela cela dépend du contexte. 

À priori, faire de l'argent ne constitue pas un but répréhensif. Il n'y a rien de mal vouloir faire de fortune. Mais, dans le cas qui nous concerne, la lutte contre l'obésité constitue une arnaque. C'est un domaine de recherche très corrompu à cause du contexte de l'obsession de la minceur.

Les recherches qui se font dans les universités ont souvent une application commerciale. Elles sont éthiquement acceptables, parce que dès le départ, c'est clairement convenue qu'elles sont faites dans un but de rentabiliser les activités d'une entreprise.

Par contre, la recherche dans le domaine de la médecine, n'est pas supposé d'avoir de but commercial, mais être purement humanitaire. On fait des téléthons pour la recherche des maladies infantiles. Mais jamais on aurait l'idée d'en faire un pour financiers le développement d'un nouveau processeur d'ordinateur.

Il faut absolument séparer les intérêts financier de la recherche sur les maladies. Car, la cupidité humaine tend à déshumaniser les êtres humains. Prenez par exemple le Viox et le Redux, l'industrie pharmaceutique les ont mit sur le marché avant d'être certain qu'ils soient sécuritaires et sans danger.

Le deuxième aspect éthique à considérer est la pertinence du sujet de recherche choisi. Ainsi, la pertinence de vouloir développer un médicament pour faire maigrir les femmes est très douteuse? 

Le plus inacceptable avec la recherche sur l'obésité, c'est que les chercheurs nous cachent leurs vraies intentions. Ils manipulent l'opinion publique. Ils utilisent une technique de relation publique qui a pour but, en dramatisant à outrance la situation de l'obésité, de passer pour des sauveurs et des gens bien intentionnés. Ils se donnent une image de mère Térésa, de gens qui ont une humble motivation de soulager la misère et la souffrance humaines.

C'est surtout les femmes qui souffrent de leur embonpoint. Leur embonpoint ne les fait pas souffrir physiquement. Mais, il les fait souffrir moralement à cause des pressions qu'elles reçoivent continuellement pour perdre du poids. 

Si ceux qui font de la recherche sur l'obésité étaient honnêtes. S'ils ne serraient pas à la solde de l'industrie de l'amaigrissement. Ils essaieraient de trouver ce qui est  à l'origine de la souffrance des femmes pour définir ce qu'elles ont vraiment besoin. Ce n'est pas d'un coupe-faim dont les femmes ont besoin. Ce n'est pas d'un nouveau moyen pour perdre du poids dont les femmes ont besoin. Ce qu'elles ont besoin, c'est qu'on les aide à s'apprécier t'elles qu'elles sont physiquement.

Cette autre histoire de recherche sur un médicament anti-obésité, nous donne un argument de plus pour n'accorder absolument aucune crédibilité aux chercheurs membres de la chaire d'étude sur l'obésité Merck Frosst de l'université Laval et de l'hôpital Laval

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