Maigreur extrême dans le monde de la mode
Les créateurs rejettent le blâme

Journal de Québec mardi 14 octobre 2008 p.9

extreme maigreur

Sujet: Le nombre l'argument objectif

On peut y lire:

Montréal - Le designer Andu Thê-Anh a reconnu, s'être fait reprocher d'avoir engagé des mannequins trop gros pour présenter ses collections. Par qui? Par les magazines de mode.

Le créateur montréalais se réjouit donc de la décision de la ministre Saint-Pierre. « Imposer une charte contre la maigreur est excellente décision, même si je ne me sens pas particulièrement concerné ici. J'ai toujours engagé des mannequins aux formes voluptueuses. » Le créateur ajoute que dessinant pour des femmes affichant des formes, il ne présentera donc jamais de mannequins maigres dans ses collections.

Rappelons que le ministre Christine Saint-Pierre souhaite doter le Québec d'une charte contre l'image d'extrême maigreur dans le milieu de la mode, s'alignant ainsi sur la France, comme ce fut mentionné, hier en exclusivité dans le Journal.

Malgré les normes actuelles optant pour des modèles maigres, le designer Andu Thê-Anh persiste et signe. « Ce n'est pas nous, les créateurs, qui sommes responsables de la maigreur extrême, mais les magazines qui nous critiquent ouvertement. Je me suis fait demander à plusieurs reprises pourquoi j'engageais des mannequins aussi gros.»

Les critiques fuseraient de la part des magazines de mode. Les lignes d'Elle Québec et Clin d'oeil sont toutefois demeurées silencieuses, hier, malgré les tentatives du Journal.

Utopie?

Jean-François Daviau, coprésident de Sensation Mode et instigateur de la Semaine de la mode de Montréal, événement qui se déroule en ce moment au Marché Bonsecours, s'interroge sur la valeur de cette charte.

« On ne peut être contre la vertu et les bonnes intentions, mais je me demande s'il y a une réelle possibilité de réglementer l'image de la femme dans le monde de la mode. »

Selon lui, l'industrie n'ira jamais contre la volonté du consommateur, qui souhaite voir des corps parfaits. Il ajoute qu'un gros travail de sensibilisation reste également à faire auprès des gens de l'industrie.

« Lorsqu'on a parlé de prévenir l'extrême maigreur aux participants de la Semaine de mode de Montréal, on n'a pas fait l'unanimité. » Plusieurs se seraient sentis montrés du doigt, selon Jean-François Daviau.

Christain Chenail, créateur pour MUSE, est mitigé face à cette charte. « C'est socialement compréhensible, mais les créateurs n'ont pas de mission sociale à remplir. Ils ont un spectacle à donner comme une pièce de théâtre. Ce n'est pas la réalité, se dit-il en terminant.

Christain Chenail siégera au comité de la ministre Saint-Pierre aux côté de Jean-François Daviau, également invité. Les noms des autres intervenants seront dévoilés plus tard en novembre.

Mon commentaire

La solution ne fait pas partie du problème. La semaine de la mode de Montréal devrait être subventionnée par le ministère de la culture et non pas par celui du développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Car, Christain Chenail le dit lui-même, « ils ont un spectacle à donner. »

L'industrie de la mode n'a pas une mission sociale ni d'amusement. Elle a une mission économique. En affaire, l'étude de marché fait foi de tout. Avec celle-ci, on choisit un marché cible en fonction de l'importance du bassin de clients potentiel. Car logiquement, plus le marché cibler correspond à un pourcentage élevé de la population, plus les chances de faire de l'argent sont grandes.

La tranche de la population féminine la plus nombreuse sont les tailles plus. S'il y a de l'argent à faire, c'est avec les tailles plus. Le chiffre d'affaire additionné de tous ceux qui vendent des vêtements pour les tailles plus supplante de loin celui pour les tailles plus petites. Il serait donc très pertinent qu'une semaine de la mode fasse une grande place à la mode pour les rondes.

Si la semaine de mode de Montréal n'avait pas comme seul but de faire un spectacle. Elle intégrerait les tailles plus en fonction de l'importance de ce marché. Comme, il y a 2/3 des femmes qui habillent la taille plus. Les 2/3 des présentations, durant cette semaine, devraient être consacrées à la mode taille plus.

Par conséquent, faire une telle place pour la mode pour les femmes de grande taille réglerait le problème de l'extrême maigreur des mannequins. Ce que tente de régler la ministre Saint-Pierre. Cette visibilité médiatique accrue enverrait le message, aux jeunes femmes, qu'il est correcte et normal d'être ronde ou d'avoir des rondeurs.

Le monopole médiatique de la minceur donne une impression de supériorité. La beauté n'appartiendrait qu'aux femmes minces. Cela influence l'image que les jeunes femmes se font de la beauté. En d'autres mots, elles idéalisent la minceur, parce qu'elles n'ont pas d'autre modèle de beauté qui est valorisé dans le médias.

Les designers de mode sont de mauvaise foie. Andu Thê-Anh dit qu'il a toujours choisi des mannequins aux formes voluptueuses. Voyons dont, cela ne se peut pas. Il y a seulement deux catégories de mannequins; les tailles anorexiques et les tailles plus. Les agences de mannequins qui font dans la mince, elles ne font pas dans la plus ou moins mince.

Jean-François Daviau, en disant que « l'industrie n'ira jamais contre la volonté du consommateur, qui souhaite voir des corps parfaits. » C'est très présomptueux et douteux de sa part. Cela sous-entends que les designer de modes taille anorexique se sentent en position de domination du marché de la mode. C'est eux qui ont le contrôle. Nous n'avons pas le choix de nous soumettre à leurs règles.

Le gouvernement, en leur demandant de faire un effort de choisir des mannequins moins maigres, se place en position de soumission. Cela vient les confirmer dans leur position de dominateur tout puissant.

La meilleure façon d'agir, c'est de rien leur demander. De les laisser aller dans leur bad trip anorexique.

Il faut que le gouvernement use de son autorité en choisissant de subventionner les personnes ou les organisations qui font dans la taille plus à la mesure de l'importance de ce marché. Soit 62 % des subventions devraient aller à ceux et celles qui font dans la taille plus. Cela serait un crtière plus objectif, parce que plus fidèle à la réalité du marché.

Finalement, la sodec devraient aussi subventionner un film ou une série télé en fonction du nombre de comédiennes de taille plus que les producteurs s'engagent d'engager.

Complément d'information

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