Joëlle Vaillancourt : belle, bonne... et ronde
Journal Le Soleil 31 juillet 2016 p.7

Au Québec, on tient compte que d'un seul côté de la médaille au sujet des questions du poids corporel.

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Sujet:La face cachée de la médaille

On peut y lire:

Ancienne intimidée, la Septilienne est mannequin taille plus et ambassadrice de l'estime de soi

SEPT-ÎLES - Elle est belle et ronde. Assise à la table d'un café de Sept-Îles, Joëlle Vaillancourt en a long à dire sur la diversité corporelle. Elle en parle ouvertement parce qu'elle a fait la paix avec son apparence. Elle a confiance en ce qu'elle est et le dit aussi souvent qu'elle le peut pour que les femmes à la recherche de la perfection l'entendent.

«J'ai grandi avec l'idée que je devais avoir un physique différent que le mien pour plaire», lance la femme de 27 ans, qui gagne maintenant sa vie en partie avec le mannequinat taille plus. «Aujourd'hui, je suis bien avec mon image.» Mais la traversée pour y arriver n'a pas été un long fleuve tranquille.

«J'ai vécu beaucoup d'intimidation parce que j'étais toujours la plus grande et la plus costaude de ma classe», se souvient-elle. «À l'Université, je me suis mise à faire des régimes. Je croyais que le bonheur, c'était la minceur. Il fallait que je plaise. Je me suis rendue malade au point de développer un trouble alimentaire.»

«Je m'entraînais sept fois par semaine, je mangeais que 800 calories par jour. C'était incroyable. J'ai perdu un bon 60 livres en très peu de temps et c'est là que je me suis rendu compte que je n'étais pas plus heureuse.» Jongler avec le calcul des calories, l'entraînement excessif, le travail et un bac à finir la plonge en burn-out.

«J'ai commencé une thérapie d'un an, on m'a aussi diagnostiqué une hyperphagie boulimique», poursuit-elle. «Je me suis beaucoup isolée, ç'a été un long cheminement.» C'est au fil des mois que Joëlle Vaillancourt apprend à être bien dans sa peau. Elle décide de participer à un concours lancé par Addition Elle pour découvrir sa prochaine égérie.

«J'avais toujours caressé le rêve d'être mannequin», dit-elle. Surprenant pour avoir été si mal dans son corps? «C'est vrai, c'était à cette époque plus le désir de plaire. On a l'impression que les mannequins sont valorisés par la société. Maintenant que j'ai confiance en moi, je me rends compte que je n'aurais jamais pu faire ce métier avant.»

Un message à livrer

La Septilienne termine enfin septième sur les quelque 2400 participantes au concours nord-américain. «Les messages que j'ai reçus, c'était fou. Les gens s'identifiaient à moi, à mon histoire. C'est comme ça que ma carrière en mode a commencé», raconte-t-elle. Mais, c'est aussi à ce moment où elle comprend qu'elle a un message à livrer.

Joëlle Vaillancourt, bachelière en études internationales et en langues modernes, multiplie les contrats de mannequinat, les entrevues et les séances photo. Elle lance aussi un blogue où elle s'exprime sur la diversité, l'estime de soi. Sa personnalité éclatante, la mène jusqu'à être modèle pour la collection Courbes de Véronique Cloutier. «Je ne fais pas la promotion de l'obésité, mais la promotion de l'estime de soi», nuance-t-elle.

«L'estime de soi et la perte de poids ne doivent jamais être reliées. Quand tu commences à t'estimer, c'est là que tu commences à vouloir bien manger, bouger. Tu le fais parce que tu t'aimes et non parce que tu es à la chasse aux calories.»

Les projets ne manquent pas pour la vingtenaire, qui vit dans la Vieille Capitale. Récemment, elle a fait revivre sur son blogue la popularité des Spice Girls avec quatre connaissances rondes, sans expérience de mannequin.

Société en changement

L'idée a fait le tour du Québec. «Ç'a été très valorisant, ce n'était pas évident pour elles», explique Joëlle. C'est d'ailleurs ce genre d'initiatives qu'elle souhaite reproduire pour amener les femmes à être à l'aise avec leur physique.

«Je sens qu'il a un désir de changement dans la société [...] Je peux compter sur les doigts de mes deux mains les commentaires négatifs que je reçois. La promotion de la diversité corporelle, j'en fais ma cause.»

Mon commentaire

Au Québec, on tient compte que d'un seul côté de la médaille au sujet des questions du poids corporel.

L'histoire de Joëlle Vaillancourt rejoint beaucoup de femmes qui ont réalisé comme elle qu'elles n'ont pas le pouvoir de changer l'apparence de leur corps. Justement, c'est que je dis depuis 23 ans, la nature a voulu que les femmes aient des rondeurs et qu'il y ai une variété de poids et de grandeurs chez les humains.

On entend peu parler dans les médias de femmes québécoises qui ont fait la paix avec leur corps et qui ont décidé de l'apprécier tel qu'il est. En d'autres mots, que leur corps a cessé de les empêcher d'être heureuses ou de mettre un frein à leur bonheur. Cela s'explique par le fait que les médias québécois se préoccupent seulement du côté de la médaille où l'on parle du désastre de la prétendue épidémie d'obésité.

Les médias traditionnels sautent sur la moindre nouvelle qui concernent une prétendue conséquence grave associé à l'obésité, même si ces nouvelles se répètent régulièrement depuis 20 ans. Ceux-ci sont ainsi complices de la propagande anti-obésité/malbouffe.

Les médias n'ont jamais sanctionné l'affirmation haineuse de Richard Béliveau lorsqu'il dit aux femmes d'être le plus mince possible pour éviter les maladies.

Le gouvernement libéral du Québec avec la fondation Lucie et André Chagnon ont investi 400 millions en 10 ans avec le fonds pour la promotion des saines habitudes de vie dans un seul but de réduire la prétendue épidémie d'obésité.

Il y a un groupe de pression la Coalition québécoise sur la problématique du poids qui veut s'assurer que les femmes n'arrêtent pas de considérer leur poids corporel comme un problème.

Les nutritionnistes, les médecins, éducateurs physiques et les psychologues veulent tous contribuer à lutter contre ce prétendu fléau.

En d'autres mots, tout le Québec dans son entier est mobilisé pour lutter contre la prétendue épidémie d'obésité.

Aucune place est faite pour supporter les femmes qui ont fait le choix d'apprécier leur corps tel qu'il est.

Ce choix est pourtant légitime. En effet, celui-ci est basé sur l'expérience, sur un vécu et sur une réalité biologique.

Tandis que la lutte contre l'obésité est basée sur l'argent, le commerce, la manipulation, la dramatisation à outrance, la fraude, la haine et le mépris envers les femmes.

Dans ce contexte où le discours anti-obésité est dominant, on peut facilement comprendre que je sois marginalisé et perçu comme un imbécile avec mon activisme pour aider les femmes à développer une image corporelle positive. Je suis un insoumis, je ne pense pas comme on veut que pense.

Au lieu d'être reconnu pour le travail que j'ai fait depuis toutes ces années je suis rejeté et méprisé. Telle est la situation désolante au Québec.

J'ai critiqué la compagnie Reitmans en 2002, qui possède les magasins Addition Elle, parce qu'elle ne valorisait pas leur clientèle.

Les patrons de cette compagnie ne faisaient pas de publicité style de vie et ne commanditaient pas d'événement mode. Ceux-ci ont finalement compris avec le temps que quand tu fais de l'argent avec les femmes rondes en leur vendant des vêtements, c'est la moindre des choses de leur dire qu'elles sont belles et correctes comme elles sont physiquement.

Complément d'informations:

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