L'obésité et les petites filles
Journal la Presse 20 septembre 2012 p.z4

Obsession de la minceur

Sujet:D'une obsession à une autre obsession

On peut y lire :

L'enseignante de ma fille de 6 ans a parlé de nutrition et d'obésité en classe. Depuis, ma fille s'inquiète de son poids. Elle ne veut plus manger certains aliments jugés moins "santé" et fait la leçon au reste de la famille. Comment réagir?

Plusieurs éléments peuvent expliquer cette réaction. "Avoir vu ses parents se critiquer devant le miroir ou monter quotidiennement sur le pèse-personne peut expliquer sa plus grande réceptivité aux propos de l'enseignante. Peut-être aussi qu'on l'a taquinée au sujet de son poids. Enfin, elle peut avoir une prédisposition à l'anxiété. Dans ce cas, elle aurait tout aussi bien pu s'inquiéter des risques d'incendie à la suite de la visite des pompiers, par exemple", avance la Dre Nadia Gagnier, psychologue et auteure de Miroir, miroir, je n'aime pas mon corps.

Quoi qu'il en soit, les parents devraient nuancer l'information reçue et rassurer l'enfant. "On peut lui expliquer qu'il faut bien manger, mais qu'il est correct de s'offrir une gâterie de temps en temps. Je lui dirais aussi qu'on lui offre déjà une grande variété d'aliments sains", suggère la Dre Gagnier. Selon elle, lui donner occasionnellement de la malbouffe pourrait l'aider à vaincre son anxiété.

Prévenir les troubles alimentaires

Les troubles alimentaires sont rares chez les jeunes enfants. Par contre, il n'est jamais trop tôt pour les prévenir en favorisant l'acquisition d'une bonne estime de soi et d'une image corporelle saine. "Il est important de valoriser l'enfant dans ce qu'il est d'original. Nous sommes tous uniques et il faut être à l'aise avec ce que l'on est, indique le Dr Jean Wilkins, pédiatre à l'hôpital Sainte-Justine. Il ne faut pas hésiter à dire à nos enfants qu'ils sont beaux et qu'ils sont uniques!"

Selon ce spécialiste de l'anorexie chez les adolescentes, la prudence s'impose lorsqu'on parle de santé et d'obésité avec les enfants. "Il faut penser que notre discours peut les heurter, insiste-t-il. On peut nuancer notre propos en introduisant des éléments de génétique. Il faut se souvenir que l'obésité, c'est plus qu'une question d'alimentation et d'activité physique. C'est très complexe et il n'y a pas de solutions simples."

Il rappelle que la plupart de ses jeunes patientes ont un discours alimentaire sain. Elles parlent d'éliminer les matières grasses et de l'importance de faire de l'exercice. "La première fois qu'une jeune fille fait une diète restrictive et perd du poids, elle est applaudie. On félicite le comportement pathologique", constate le Dr Wilkins. La vigilance s'impose donc. Outre une perte de poids, le refus de s'alimenter, une activité physique très importante et l'arrêt des menstruations à l'adolescence devraient éveiller les soupçons des parents. À la prépuberté, un malaise à l'idée de vieillir est un autre signe à surveiller.

Encadré(s) :

Saviez-vous que?

Les garçons sont aussi touchés par les troubles alimentaires. À l'adolescence, la proportion serait d'un garçon pour neuf filles. Étrangement, chez les enfants de 10 à 12 ans, elle est plutôt de trois garçons pour sept filles, selon le Dr Jean Wilkins. Cette différence est encore inexpliquée à ce jour.

Mon commentaire

L'objectif inavoué de la lutte anti-obésité est de maintenir les femmes dans l'obsession de la minceur. On veut s'assurer que les femmes doutent de la normalité de l'apparence de leur corps ou qu'elles se préoccupent de leur poids continuellement. Ce qui les rendent plus sujettes à vouloir dépenser de l'argent dans une méthode d'amaigrissement.

Les intégristes anti-obésité foncent à tête perdue, exagèrent, font peur et terrorisent le peuple. Ils sont prêts à tout pour contrer un problème qu'ils ont inventé de toute pièce. Ils avancent l'idée que ce faux problème serait le plus dramatique et désastreux qui soi. Ils lui donnent une ampleur galactique. Cette amplification fait partie de leur stratégie de relation publique pour manipuler l'opinion publique.

Les journalistes ont embarqué dans cette folie. Habituellement, tout discours d'exagération devrait soulever un doute dans leur tête. Les pressions qu'exercent les intégriste anti-obésité/malbouffe ont créé une folie collective. Ils ont inculqué une obsession de la lutte à l'obésité. Nous devons absolument faire quelque chose pour éviter le désastre. Nous devons faire peur aussi aux enfants avec leur niaiserie d'épidémie d'obésité. Ils ne se censurent pas du tout.

La lutte anti-obésité/malbouffe prend trop de place médiatiquement. C'est la priorité des priorités, nulle autre cause n'a autant d'importance. Il faudrait absolument tous mettre nos énergies pour endiguer la prétendue épidémie d'obésité afin d'éviter la fin de l'humanité sur terre. La fin du monde sera possiblement causé par l'obésité. Les média traditionnel ne parlent pas souvent de l'obsession de la minceur et ne critique jamais la lutte à l'obésité. Ils prennent les paroles des intégristes anti-obésité/malbouffe comme du cash.

L'exagération mène à l'obsession. L'exagération justifie l'obsession. Les femmes sont renforcées à persister dans l'obsession de la minceur parce qu'elles pensent que cela est bon pour leur santé de faire des restrictions alimentaires et sentent qu'elles contribuent ainsi à la réduction de l'épidémie d'obésité.

Les intégristes anti-obésité/malbouffe veulent inculper la peur de l'obésité aux enfants en espérant que cela les préservera de l'obésité.

Les intégristes anti-obésité/malbouffe sont à la base misogynes. La misogynie se caractérise par une insensibilité à la souffrance que les femmes peuvent vivre.

Les intégristes anti-obésité/malbouffe ne peuvent donc pas contribuer à aider les femmes à acquérir une image corporelle positive. Et ceux et celles qui se collent au discours alarmiste anti-obésité ne peuvent pas plus aider à faire décrocher les femmes de l'obsession de la minceur.

Pour contrer le discours des intégristes anti-obésité/malbouffe, il faut un effort de solidarité entre femmes et hommes. Il faut aller sur la place publique demander qu'on respecte le discours fat-accetance ou l'acceptation du poids et qu'on dénonce l'intolérance face aux femmes rondes. Il faut s'affirmer. Il faut faire quelque chose: arrêtez de vous écraser, levez-vous debout.

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