Lectures à éviter pour jeunes adolescentes soucieuses de leur poids
Journal Le Devoir du mercredi 3 janvier 2007 p.A4

Sujet: Le contrecoup du discours anti-obésité

On peut y lire:

Chicago -- Plus les adolescentes se plongent dans des articles de journaux traitant de nutrition et de poids, plus elles risquent, à terme, de souffrir de troubles du comportement alimentaire, selon une nouvelle étude américaine publiée dans l'édition de janvier de la revue Pediatrics.

Au bout de cinq ans environ, précise l'étude, ces jeunes filles soucieuses de leur ligne suivent des régimes draconiens, allant jusqu'à se faire vomir, un comportement absent chez les adolescentes peu friandes de ce genre de publications.

Le poids de ces adolescentes, quand elles se mettent à lire, ne semble pas avoir d'incidence, pas plus que l'importance qu'elles accordent alors à leurs kilos. La prise en compte de ces deux critères n'empêche pas les chercheurs d'aboutir au même résultat: la lecture de ces articles est un bon facteur de prédiction de la survenue de troubles ultérieurs du comportement alimentaire.

Les filles qui en lisent dès le secondaire courent, cinq ans plus tard, deux fois plus de risques d'avoir recours, pour maigrir, au jeûne ou à la consommation de cigarettes, si on les compare à celles qui n'en ont jamais lu. Elles risquent par ailleurs trois fois plus de se faire vomir ou de prendre des laxatifs.

«Ces articles peuvent donner des conseils comme celui de supprimer les acides gras trans de l'alimentation comme les sodas, ce qui est une bonne idée pour tout le monde», relève Alison Field de l'école de médecine de Harvard, qui a réalisé des études similaires mais n'a pas collaboré à ce travail. «Mais le message sous-jacent de ces articles est: "Vous devriez vous intéresser à votre poids et faire quelque chose"».

Ces résultats sont le fruit d'études portant sur la mesure du poids et de la taille de 2516 collégiens effectuées en 1999 et en 2004. Environ 45 % des participants étaient des garçons. Seuls 14 % des garçons lisaient ce genre d'articles, contre 44 % des filles. Mais, au contraire de ce qui a été observé chez ces dernières, ce comportement n'avait à terme chez les garçons aucune conséquence. Il est toutefois difficile de faire la part des choses entre le régime lui-même et les photos des mannequins pour expliquer cette différence.

Interrogés sur ces résultats, certains médecins ont estimé que les mères devraient éviter d'acquérir ce genre de publications, tout comme les médecins ne devraient pas, selon eux, les laisser dans leurs salles d'attente.

L'univers de la mode et des mannequins est depuis longtemps la cible de critiques émanant de professionnels de la santé, pour qui la profession encourage les femmes et les filles à ressembler aux top-models poids plume des revues et des défilés.

Le décès récent d'une jeune Brésilienne, mannequin de 21 ans, a permis de sensibiliser davantage le public à ce problème. La jeune femme de 1m72 pesait 40 kilos au moment où elle est décédée.

Pour plus d'informations: Académie américaine de pédiatrie:
http://www.aap.org 

Mon commentaire

Cette étude vient confirmer ce que je pense au sujet de l'influence néfaste du discours anti-obésité malbouffe des intégristes anti-obésité. Une étude qui vient confirmer le fait que le milieu social et culturel est à l'origine des désordres alimentaires. De toute évidence, nous sommes dans un environnement qui pousse les femmes à devenir obsédées par la minceur.

Le discours qui encourage les gens à éviter les aliments riches et sucrés (la malbouffe) intéresse seulement les femmes. Cette étude vient démontrer ce fait. Ainsi, les hommes ne se sentent pas viser par les histoires de diètes et de régimes amaigrissants. Les hommes ne sont pas interpellés par la dramatisation de la situation de l'obésité/malbouffe. Dire aux hommes qu'il y a un risque extrême à faire de l'embonpoint, ça les laisse aussi froid que si on le disait que d'après leurs lignes de la main, ils ne vivront pas vieux.

Cela parce l'être humain en général est motivé d'agir seulement si cela se réfère à ce qu'il vit là, maintenant. Ce qui est vrai autant pour les femmes que pour les hommes. Nous agissons seulement s'il y a quelque chose qui nuit à notre vie de tous les jours. Ainsi, un homme ne sentira pas le besoin d'éviter de manger de la malbouffe ou de perdre du poids parce que ça ne l'empêche pas de vivre et d'avoir du plaisir dans la vie.

Ce qui n'est pas le cas avec les femmes. Celles-ci veulent contribuer à l'éradication de l'épidémie d'obésité en n'étant pas obèse ou en voulant éviter de l'être. À cause de l'intensité extrême de la lutte anti-obésité, les femmes qui suivent un régime ont le sentiment de contribuer à l'avancement d'une cause divine. Ce sentiment tortu contribue à renforcer leur désir de devenir enfin mince et désirable sexuellement. En d'autres mots, elles joignent l'utile à l'agréable.

En conclusion, les femmes se sentent interpeller par le discours anti-obésité/malbouffe parce qu'elles souffrent au quotidien de ne pas avoir un corps mince et sexé. Elles souffrent parce qu'elles doutent de leur pouvoir de séduction. D'où la pertinence de valoriser la beauté des rondeurs féminines.

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